Yacine Kharroubi (Paris FC) : "le football reste avant tout un jeu"
Découvrez l'interview du responsable de l'école féminin du Paris FC.
INTERVIEWS
Challenge féminin UST
5/6/20263 min read


1 - Pouvez-vous vous présenter ?
Je m’appelle Yacine Kharroubi, je suis responsable de l’école de football féminine au Paris FC. Je suis au club depuis maintenant 19 ans, où j’ai occupé plusieurs postes, dont celui de responsable technique de la section féminine.
Depuis toutes ces années, je suis très impliqué dans la formation et le développement des jeunes, avec une attention particulière aujourd’hui portée au football féminin.
2 - Quelles sont les grandes lignes de votre parcours avant d’arriver au Paris FC ?
Au Paris FC, j’ai d’abord entraîné plusieurs générations de garçons, avec la chance de voir certains devenir joueurs professionnels.
Ensuite, je me suis investi dans le développement du football féminin à une époque où la section était encore amateur et comptait environ 30 joueuses toutes catégories confondues. J’ai entraîné l’équipe première senior, avec laquelle nous avons connu trois montées.
En parallèle, j’ai mis en place différentes actions, notamment avec les écoles, ce qui nous a permis de faire évoluer très rapidement la section, en passant de 30 à plus de 250 joueuses en seulement deux ans.
3 - Selon vous, quelles sont les spécificités de la formation dans le football féminin par rapport au football masculin ?
Le football féminin est en plein développement, avec encore un travail de structuration important. Ce qui ressort beaucoup, c’est l’implication des joueuses, leur capacité d’écoute et leur envie de progresser.
Notre rôle, c’est de continuer à professionnaliser l’encadrement tout en conservant ces qualités humaines. Il faut aussi encourager les jeunes filles à commencer plus tôt, car aujourd’hui beaucoup débutent encore vers 8-9 ans, contrairement aux garçons qui commencent souvent vers 5-6 ans.
4 - Comment accompagnez-vous les filles dans leur progression, autant sur le plan sportif que personnel ?
Nous avons une vraie politique de formation basée sur le plaisir, l’épanouissement et la technique individuelle. Pour nous, le football reste avant tout un jeu. Une joueuse qui prend du plaisir est une joueuse qui va progresser et qui va continuer.
On met énormément l’accent sur le travail avec ballon : même les échauffements se font avec ballon. Plus les filles touchent le ballon, plus elles développent leur aisance technique. On les encourage à dribbler, à prendre des initiatives, à s’exprimer sur le terrain.
Ensuite, l’accompagnement est global. Il est à la fois individuel, collectif et personnel. On suit les joueuses sur le plan sportif, mais aussi scolaire et mental, avec des petits défis, des objectifs adaptés, et surtout une volonté de s’adapter à chaque profil pour leur permettre de s’épanouir pleinement. Même dans un club professionnel, cette notion de plaisir reste essentielle.
5 - Que pensez-vous de l’initiative du comité d'organisation de promouvoir le football féminin avec ce tournoi ?
Je trouve que c’est une très belle initiative, et surtout très importante. Aujourd’hui, il n’y a pas encore assez de grands événements dans le football féminin, surtout quand on compare avec ce qui existe chez les garçons.
Ce type de tournoi permet de donner de la visibilité, de valoriser le travail des clubs et surtout de faire évoluer les mentalités. C’est aussi un moyen d’inciter les jeunes filles à commencer le football plus tôt. Donc clairement, il faut continuer dans ce sens et développer encore plus ce genre d’événements.
6 - Le Paris FC féminin collabore-t-il avec des clubs locaux pour repérer, accompagner ou former des jeunes talents ?
Oui, la collaboration avec les clubs partenaires est essentielle pour nous. On attache beaucoup d’importance à entretenir des relations solides et durables avec les clubs locaux.
L’objectif est vraiment de proposer à chaque joueuse un parcours adapté à son niveau et à son projet. Certaines poursuivent leur progression au sein de notre structure, tandis que d’autres peuvent s’épanouir davantage dans des clubs partenaires où elles auront du temps de jeu et des responsabilités importantes.
À l’inverse, ces clubs nous orientent aussi des joueuses à fort potentiel afin qu’elles puissent intégrer un environnement plus exigeant et structuré. On va même plus loin dans cette relation en les impliquant dans la vie du club, par exemple en les invitant à assister aux rencontres de l’équipe première. C’est donc un véritable travail d’échange et de confiance, avec un objectif commun : accompagner au mieux chaque joueuse dans son parcours, quel qu’il soit.
